Protection des Sites, Brusc et Cap Sicié

Aménagements littoraux plage de Bonnegrâce et port du Méditerranée.

par jean-louis Le 5. Juli 2007

Evolution de la plage de Bonnegrace dans les 50 dernières années.

1950: Notre plage de Bonnegrâce était encore une belle plage naturelle entourée de dunes de champs et de marais. Comme vous pouvez le voir sur la photo il n'y avait ni digues ni épis.
Vous remarquerez au fil des photos que le trait de côte ne change pas, preuve que la plage n'était pas victime d'érosion naturelle.
1976: Au centre de la photo la partie sombre correspond au récif barrière de posidonies, qui protège la plage en son centre de la houle.
En face du récif barrière on peut remarquer la concavité de la plage, résultat de la protection naturelle de la plage par le récif.
Le trait de côte n'a pas bougé.
1986: Le trait de côte n'a toujours pas bougé.
1988: La plage naturelle de sable de Bonnegrâce est décrétée arbitrairement par arrêté préfectoral en "Plage artificielle" sous prétexte, que cette plage s'érodait. Cet arrêté ouvre la porte au maintien des paillotes en dur et à l'engraissement de la plage avec des graviers.
1993: En fait la seule érosion effective est une érosion due à la main de l'homme, qui ne cesse d'enlever les congères de posidonies avec des engins de travaux publics enlevant en même temps sable et petits graviers.
Il faut savoir que la présence de feuilles de posidonies sur les plages protège ces dernières de toute érosion.
Un épis supplémentaire a été rajouté, le trait de côte n'a toujours pas bougé.
1998: Le trait de côte n'a toujours pas bougé.
Malgré la houle l'eau est transparente et l'on peut distinguer le récif barrière de posidonies.
2001: 63.000 tonnes de gravier ont été déversés sur la plage de sable. Cela a permis d'élargir la plage à 30 mètres.
2003: On ne voit plus les posidonies par transparence. L'eau est blanchâtre due à la turbidité liée à la poussière des graviers délavés par la houle. En 1998 on pouvait par temps équivalent distinguer les herbiers.
D'autre part la mer a emporté une partie des graviers puisque l'on est revenu au profil d'équilibre de la plage naturelle initiale.
Cette turbidité n'existe donc que depuis la construction de la "plage artificielle", et ne résulte pas, comme le prétend la DDE, de l'agitation par les vagues, des sédiments naturels.
La partie sud de la plage de Bonnegrâce a été remplacée par un parking de 1 hectare. Cette partie de la plage était encore naturelle et composée de sable fin.
Grâce à l'action de l'association le pire a été évité. Le projet initial était d'une ampleur nettement plus grande et comprenait la construction d'un port de 140 places (lire les détails).

Sur toutes les photos aériennes de 1976 à 2003, le trait de côte est pratiquement le même. Nous avons, pour en avoir confirmation, mesuré en 2003 la largeur de la plage, à partir des "paillotes en dur" qui n'ont pas bougé depuis 1989.
Les photos successives montrent que l'apport de gravier n'a servi a rien si ce n'est a détruire les fonds marins et à faire dépenser de l'argent au contribuable (12 millions de francs pour les graviers).

Les 45 places de parking justifient elles vraiment la destruction de cette plage de sable?
Comme le démontre cette photo de 1960 cette partie de la plage était abondamment fréquentée.
De plus on pouvait déjà à l'époque garer un bon nombre de voitures en bordure de la plage.

Suite à notre action en justice, contre la préfecture du var et la commune de Six-Fours, pour la protection de la plage de Bonnegrâce, le tribunal administratif de Nice a ordonné un rapport d'expertise sur le projet d'aménagement de la partie sud de la plage.

Ce rapport démontre, que les travaux réalisés par la commune ont engendré des pollutions supplémentaires en confinant la pollution dans les exutoires immergés des ruisseaux.

L'APLBS (Association pour la Protection des sites et du Littoral du Brusc et de la presqu'île du cap Sicié) oeuvre pour la protection de l'environnement et tout particulièrement le respect de la loi littoral sur les communes de Six-Fours et de La Seyne. Elle a déjà de nombreux combats à son actif entre autre pour la protection de la lagune du Brusc, de la plage de Bonnegrâce et du site de la Coudoulière.