Protection des Sites, Brusc et Cap Sicié
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Construction d'une nouvelle capitainerie à la Coudoulière.

par jean-louis Le 5. September 2007 à 05h00

Construction d'une nouvelle capitainerie à la Coudoulière

Une capitainerie de 200m2 au sol et un étage est en construction sur le parking de la Coudoulière.
En mars 2005, la plage des roches brunes a été classée zone naturelle mais jusqu'à quand?
On peut espérer le plus longtemps possible, mais quand on sait qu'il y a toujours eu des projets d'extension portuaires et que la loi SRU (Solidarité renouvellement Urbain) a été acceptée, on peut s'inquiéter! Cette loi donne au maire tous les pouvoirs: il peut faire une révision partielle du PLU (plan local d'urbanisme) sans enquête publique préalable!
Cela veut dire qu'il faut être vigilants et nous réunir tous dans une association engagée.
Il faut agir en amont: plus nous serons nombreux à adhérer à l'association de protection du littoral plus nous aurons de poids dans les décisions d'aménagement du littoral!

Le Projet de port du Brusc.

par jean-louis Le 5. August 2007

Extension du port du Brusc

La commune de Six-Fours les plages pourrait tout aussi bien s’appeler Six Fours sans plage que Six Fours les ports. Après le projet d’agrandir le port Méditerranée à Bonnegrâce, Monsieur Vialatte voudrait également étendre celui du Brusc.

Le prétexte de mettre en sécurité ce port donne avant tout l’impression d’une grande opération immobilière préparée à l’avance par l’ancien POS et le nouveau PLU qui ont déclassé les terrains du quartier du Gaou en zone UF au lieu de les classer en EBC ou zone paysagère (fig.1)


Fig.1 : Nouveau PLU au niveau du Brusc rendant urbanisables les terrains du Gaou.

1) Le projet : coût et conséquences environnementales

- Coût du projet : 12 800 000 euros soit presque 84 millions de francs

- Conséquences environnementales:

  • Loi sur l’eau

    L’extension portuaire générera une augmentation de la fréquentation par bateaux et donc une aggravation de la pollution marine (rejets des eaux sales des bateaux, détergents, métaux lourds…). Les embruns d’eaux marines polluées nuisent à la santé des riverains, des habitants et usagers, ceux-ci reconnaissent être fragilisés. Ce projet va donc totalement à l’encontre de la loi sur l’eau qui vise notamment à l’amélioration de la qualité des eaux.
  • Destruction irréversible des herbiers de posidonies et de la lagune du Brusc

    Comme on peut le voir sur les figures 2, 3 et 4, l’extension du port du Brusc empiète directement sur des herbiers de posidonie. Le Brusc n’est pas une zone portuaire, encore moins un espace industriel comme cela est dit dans le dossier d’enquête publique. C’est un haut fond d’herbiers protégés de posidonies et de cymodocées eux même protecteurs du Brusc. Ce haut fond fait partie de la lagune jusqu’en limite du port de pêche et du récif barrière qui vient mourir à l’entrée du port, au droit du phare du brise lame.


    Fig.2 : Représentation des limites géographiques des différentes zones d’herbier considérées : avant-port ; enceinte portuaire ; récif barrière, front interne ; front externe (d’après Semaphores Mediaterre, ERAMM CG83, 2004).

    Les protections des herbiers doivent être appliquées :
    - Protections nationales
    - Protections européennes
    - Protections internationales

    Il est important de rappeler l’importance de ces herbiers :

    - Rôle écologique majeur : production d’O2 indispensable à la vie marine et terrestre ; source de nourriture pour la faune marine ; nurserie pour les juvéniles de beaucoup d’espèces de poissons ; habitat pour des espèces animales et végétales (400 à 500 espèces algales différentes, plusieurs milliers d’animaux, peuplements de poissons importants).

    - Rôle sédimentaire : stabilisation des fonds sableux au même titre que la végétation terrestre protège les sols de l’érosion ; atténuation de la puissances des courants sous-marins (jusqu’à 40%) protégeant ainsi les plages d’une régression parfois dramatique.

    - Rôle économique : beaucoup d’activités économiques du littoral PACA dépendent directement de la bonne santé du milieu marin et des herbiers de posidonies >>pêche, plongée sous marine, tourisme balnéaire, plaisance…

    Il faudrait environ un siècle pour qu’un herbier recolonise une surface d’un hectare environ, à condition toutefois que les circonstances environnementales lui soient favorables (pas de pollution, pas d’ancrage…).

    Le projet de dragages supprime les soit disant mattes mortes alors qu’il est connu que ces mattes mortes de posidonies sont un lit favorable à la repousse de celles-ci aussi bien qu’aux cymodocées. Ces dragages prévus pour tracer des canaux de circulation à travers les mattes de posidonies vont provoquer leur érosion, leur effondrement et leur disparition.

  • La lagune du Brusc en danger

    Il n’existe plus que 3 sites en Méditerranée possédant un récif barrière de posidonies : Port-Cros, le Golfe de St Florent en Corse et la lagune du Brusc. C’est donc un site très rare qu’il faut absolument protéger. Divers aménagements littoraux depuis les années 50 ont déjà bien abîmé le récif barrière et les prairies marines de cymodocées, de zostères naines et de posidonies de la lagune :

    - Endigages et enrochements du petit et du grand Gaou
    - Jeu de boules gagné sur la lagune
    - Le brise lame
    - La base nautique…. pour ne citer que ceux-là.

    Ces aménagements ont entraîné la mortification des éléments de mattes dès les années 60, des envasements et des érosions dus aux détournements de courants et à de trop nombreuses fréquentations encourant des turbidités permanentes et le départ des 150 à 200 flamants roses qui séjournaient dans cette lagune pour s’y nourrir.


    Fig.5 : La lagune du Brusc et son récif barrière

    L’extension Sud du port du Brusc devient très dangereuse pour la lagune, les mattes et le récif barrière, car elle ne fera qu’accélérer les processus d’érosions, d’envasements et de destructions, qui ont déjà commencé.

  • Une autre solution : créer un port à sec dans la zone industrielle

    Plutôt que de dépenser 12 800 000 euros pour un projet gigantesque qui sera le facteur de nouvelles impositions sans rentabilité assurée et parallèlement une destruction durable du patrimoine naturel, pourquoi ne pas étudier la mise en place d’un port à sec dans la zone industrielle ??

    Avantages économiques et techniques :

    - D’un point de vue économique la mise en place d’un port au sec est beaucoup moins coûteuse que l’extension portuaire proposée.

    - Le coût du stationnement est moins élevé que dans un port traditionnel

    - Stocké à terre et non dans l’eau le bateau ne s’abîme pas (pas d’osmose, pas de coquillages, pas de risque de couler ou de casser les amarres).

    - Ce type de projet pourrait être très intéressant pour tous les propriétaires de bateaux qui naviguent très peu dans l’année et qui néanmoins sont contraints de payer les frais de carénage.

    Intérêts écologiques :

    - Les bateaux amarrés dans le port font de l’ombre aux herbiers empêchant ainsi les réactions de photosynthèse ce qui concourre à la disparition des herbiers, le port à sec éviterait ce type d’impact.

    - Ce port à sec abriterait les embarcations en mouillage sauvage dans la lagune du Brusc.

    - On limiterait la circulation maritime et les pollutions qu’elle génère.

    2. Etapes avant les travaux

    1 Enquête publique contenant l’étude d’impact du projet que tout citoyen peut consulter et commenter.
    2 23/12/04 = fin enquête publique
    3 Rapport du commissaire enquêteur sur l’enquête publique
    4 Discussion en délibération du conseil municipal
    5 Décision du conseil municipal:
    6 ADOPTION DU PROJET NON ADOPTION DU PROJET
    7 Préfecture:
    Réexamination par la DDE
    8

     

    Avis favorable de la préfecture Non adoption de la préfecture qui demande des modifications
    9 Arrêté préfectoral autorisant les travaux La commune et le département du Var doivent réaliser les modifications demandées

    Commentaires:

    Phase 3 : le rapport du commissaire enquêteur doit étudier la faisabilité du projet surtout par rapport à l’étude d’impact et prend en compte les doléances des particuliers.
    MAIS l’avis du commissaire enquêteur n’est qu’un avis consultatif.

    Phase 5 : la décision du conseil municipal peut ne pas tenir compte de l’avis du commissaire enquêteur.

    Phase 8 : la publication de l’arrêté préfectoral se fait dans le recueil des actes administratifs consultable en préfecture mais aussi sur Internet (www.var.pref.gouv.fr/raa/).

    Comment peut-on agir contre le projet ?

    Ce n’est qu’à partir de la décision administrative que l’association aura deux mois pour attaquer le projet en recours au tribunal administratif.
    Avant de faire un recours devant le tribunal administratif, on peut faire un recours gracieux auprès de celui qui a émis la décision administrative, ce qui prolonge le délai de 2 mois à l’issue duquel soit ce recours est pris en compte positivement et il y a alors annulation de l’arrêté, soit il y a réponse explicite négative, soit une réponse implicite qui vaut rejet du recours.

    Avant la fin du délai (2 mois) de ce recours gracieux rejeté, il faut faire établir un recours introductif d’instance auprès du tribunal administratif. Ce peut être un recours sur le fond (par exemple on peut démontrer l’illégalité du projet par rapport aux lois de protection des herbiers de posidonies). Une décision annulée pour sa légalité interne ne pourra jamais être reprise.

    Mais les recours ne sont pas suspensifs. Cela signifie que même si l’acte est contesté devant le juge aux vues d’une annulation ultérieure, il doit quand même être exécuté. Les travaux peuvent donc commencer.
    A partir de ce recours d’instance et si les travaux commencent, on peut faire un référé suspensif de travaux.

    Si on gagne ce référé il y a suspension des travaux. Et si le tribunal suspend les travaux, l’adversaire pourra éventuellement intenter une action auprès du Conseil d’Etat. Dans ce cas, l’association doit s’adresser à un avocat agréé auprès du Conseil d’Etat (mais ça coûte cher !!!).
    Si le référé suspensif de travaux est rejeté, l ‘association peut aussi s’adresser au Conseil d’Etat.

    En parallèle à tout ce méli-mélo juridique et administratif on peut mettre en place une pétition contre le projet d’extension portuaire, qui si elle est suivie de façon importante pourra influencer la décision préfectorale.

Aménagements littoraux plage de Bonnegrâce et port du Méditerranée.

par jean-louis Le 5. Juli 2007

Evolution de la plage de Bonnegrace dans les 50 dernières années.

1950: Notre plage de Bonnegrâce était encore une belle plage naturelle entourée de dunes de champs et de marais. Comme vous pouvez le voir sur la photo il n'y avait ni digues ni épis.
Vous remarquerez au fil des photos que le trait de côte ne change pas, preuve que la plage n'était pas victime d'érosion naturelle.
1976: Au centre de la photo la partie sombre correspond au récif barrière de posidonies, qui protège la plage en son centre de la houle.
En face du récif barrière on peut remarquer la concavité de la plage, résultat de la protection naturelle de la plage par le récif.
Le trait de côte n'a pas bougé.
1986: Le trait de côte n'a toujours pas bougé.
1988: La plage naturelle de sable de Bonnegrâce est décrétée arbitrairement par arrêté préfectoral en "Plage artificielle" sous prétexte, que cette plage s'érodait. Cet arrêté ouvre la porte au maintien des paillotes en dur et à l'engraissement de la plage avec des graviers.
1993: En fait la seule érosion effective est une érosion due à la main de l'homme, qui ne cesse d'enlever les congères de posidonies avec des engins de travaux publics enlevant en même temps sable et petits graviers.
Il faut savoir que la présence de feuilles de posidonies sur les plages protège ces dernières de toute érosion.
Un épis supplémentaire a été rajouté, le trait de côte n'a toujours pas bougé.
1998: Le trait de côte n'a toujours pas bougé.
Malgré la houle l'eau est transparente et l'on peut distinguer le récif barrière de posidonies.
2001: 63.000 tonnes de gravier ont été déversés sur la plage de sable. Cela a permis d'élargir la plage à 30 mètres.
2003: On ne voit plus les posidonies par transparence. L'eau est blanchâtre due à la turbidité liée à la poussière des graviers délavés par la houle. En 1998 on pouvait par temps équivalent distinguer les herbiers.
D'autre part la mer a emporté une partie des graviers puisque l'on est revenu au profil d'équilibre de la plage naturelle initiale.
Cette turbidité n'existe donc que depuis la construction de la "plage artificielle", et ne résulte pas, comme le prétend la DDE, de l'agitation par les vagues, des sédiments naturels.
La partie sud de la plage de Bonnegrâce a été remplacée par un parking de 1 hectare. Cette partie de la plage était encore naturelle et composée de sable fin.
Grâce à l'action de l'association le pire a été évité. Le projet initial était d'une ampleur nettement plus grande et comprenait la construction d'un port de 140 places (lire les détails).

Sur toutes les photos aériennes de 1976 à 2003, le trait de côte est pratiquement le même. Nous avons, pour en avoir confirmation, mesuré en 2003 la largeur de la plage, à partir des "paillotes en dur" qui n'ont pas bougé depuis 1989.
Les photos successives montrent que l'apport de gravier n'a servi a rien si ce n'est a détruire les fonds marins et à faire dépenser de l'argent au contribuable (12 millions de francs pour les graviers).

Les 45 places de parking justifient elles vraiment la destruction de cette plage de sable?
Comme le démontre cette photo de 1960 cette partie de la plage était abondamment fréquentée.
De plus on pouvait déjà à l'époque garer un bon nombre de voitures en bordure de la plage.

Suite à notre action en justice, contre la préfecture du var et la commune de Six-Fours, pour la protection de la plage de Bonnegrâce, le tribunal administratif de Nice a ordonné un rapport d'expertise sur le projet d'aménagement de la partie sud de la plage.

Ce rapport démontre, que les travaux réalisés par la commune ont engendré des pollutions supplémentaires en confinant la pollution dans les exutoires immergés des ruisseaux.

Bonne nouvelle pour la plage de la coudoulière.

par jean-louis Le 4. Juli 2007

La Plage des Roches Brunes sauvée!!

Lors d'une grande réunion organisée par la municipalité de Six-Fours, le maire ,M.Vialatte, a déclaré que la plage des roches brunes (plage de la Coudoulière en face du centre aéré) n'appartenait plus à l'espace portuaire.
Nous sommes allés au service de l'urbanisme de la mairie de Six-Fours et avons récupéré le nouveau PLU (Plan Local d'Urbanisme :plan prévoyant les différents aménagements sur la commune) et celui-ci a effectivement été modifié en février 2005...le bord de la plage des roches brunes correspond à une zone N2 c'est -à-dire que c'est une zone identifiée comme "espace remarquable de la commune".
Auparavant, la plage était en UP c'est-à-dire "Urbanisable Portuaire" ce qui signifie que l'on  pouvait y construire des bâtiments sans restriction pour le fonctionnement du port.
 
C'est grâce aux actions de l'association du littoral (pétitions, attestations, médias, et observations sur le dossier de consultation et d'enquêtes publiques du PLU), et à tout ceux d'entre vous qui ont participé à ces actions que nous avons réussi à protéger La Coudou (une des personnes travaillant à la mairie nous l'a avoué: la mobilisation générale autour de cette plage a réellement fait pression!).
 
On vous remercie donc tous avec une mention spéciale pour l'Association Mer et Vent de La Ciotat et l'équipe de Wind qui nous ont largement soutenus!
Un bémol à cette bonne nouvelle: Le permis de construire pour une capitainerie d'1 étage avec des locaux annexes (226 m2 au sol) est toujours d'actualité, son emplacement semble modifié: il se situerait à présent sur le parking des camping-cars, à côté des arrêts de bus: Nous en avons demandé le dossier et vous tiendrons au courant.
 
On voit au travers de cet exemple que la mobilisation générale a permis de sauver une petite portion du littoral de Six-Fours: Il faut savoir que celui-ci est menacé sur d'autres endroits: Projet de brise lame à Brutal beach ou agrandissement du port du Brusc sur une zone exceptionnelle au niveau de la faune et de la flore marine.
 
La pétition pour Brutal beach est donc toujours d'actualité et vous pouvez donner votre avis sur le projet sur le cahier de doléances à l'office du tourisme situé sur la plage de Bonnegrâce (ouvert tous les jours y compris samedi excepté dimanche).
 
Nous serons présents au salon nautique de La Ciotat sur le stand de l'Association Mer et vent le dimanche 6 mars et le samedi 12 mars: n'hésitez pas à nous rendre visite si vous souhaitez plus d'explications. Les pétitions contre les projets sur  Brutal et contre l'agrandissement du port du Brusc seront à votre disposition sur le stand. 

Massacre à la Coudoulière.

par jean-louis Le 3. Juli 2007
Le nouveau PLU protégeant cette zone est rentré en vigueur en décembre 2004. Le permis de construire, est comme on le voit sur la pancarte, daté du 14 octobre 2003. Les arbres viennent d'être abattus le 26 janvier 2005. Apparemment tout est en ordre, mais alors pourquoi avoir protégé une zone, sur laquelle il existait déjà un permis de construire? Cette protection ne servant donc à rien??

Les menaces actuelles sur notre littoral

par jean-louis Le 2. Juli 2007
  • Projet d'aménagement de la partie sud de la plage de Bonnegrâce.

    Ce projet nommé « 7ter » est consultable à l'office du tourisme de Six Fours de la plage de Bonnegrâce. Il prévoit la construction d'un brise lame de 60m de long sur 26m de large et compromettra fortement la pratique de la planche à voile sur le site, tout en detruisant les fonds marins. Même les experts émettent des réserves, quant au bien fondé de ce projet.
  • Projet de construction d'une capitainerie au port de la Coudoulière.

    La mairie s'est accordée un permis de construire pour une capitainerie d'un étage et de 230m² de superficie. Quel est l'intérêt d'une si grande capitainerie à la Coudoulière?

Les espèces protégées et menacées en méditerranée

par jean-louis Le 5. Juni 2007
  • La posidonie (Posidonia Oceanica)

    La Posidonie, n’est pas une algue mais une véritable plante marine, à fleur, à fruit et racine (rhizome), apparentée aux iris terrestres, est une espèce menacée de disparition au même titre que la cymodocée (cymodocea nodosa) et la zostère naine (zostera noltii) qui a presque disparu à cause de la sur- fréquentation de la frange littorale de très faible profondeur. Pourtant elles sont protégées par la loi, pour la posidonie et la cymodocée, nationalement par l’arrêté du 15 Juillet 1988 et strictement protégée internationalement par la Convention de Berne ; pour la zostère naine, nationalement par l’arrêté du 9 Mai 1994.

    La Posidonie, arbre de vie de la mer, est localisée, dans le monde, uniquement en Méditerranée et sur les côtes méridionales de l’Australie, c’est à dire sous un climat voisin du nôtre. Elle occupe les fonds marins depuis la surface jusqu’à 30 à 40 mètres de profondeur ("limite inférieure de l’herbier"). Les herbiers de Posidonies ont la même importance que les forêts pour nos espaces terrestres : ils sont la clef de voûte de l’écosystème des fonds littoraux méditerranéens.

    En effet les Posidonies jouent en effet un rôle irremplaçable :
    - Production d’oxygène, aussi indispensable à la vie marine qu’à la vie terrestre;
    - Source de nourriture pour les oursins, certains poissons et crustacés, qui serviront eux mêmes à nourrir d’autres poissons;
    - Nursery pour de nombreuses espèces de poissons ;
    - Habitat permanent pour des milliers d’espèces animales et végétales (habitat préféré de deux espèces d’hippocampes : l’hippocampus hippocampus et l’hippocampus ramulosus);
    - Stabilisation des fonds sableux, au même titre que la végétation terrestre protège les sols de l’érosion;
    - Atténuation de la puissance des courants sous marins (jusqu’à 40%), protégeant ainsi les plages d’une régression parfois dramatique.

  • Localisation de la Posidonie

    La Posidonie se rencontre devant toutes les côtes de Méditerranée entre zéro et quarante mètres de profondeur. Sur la frange littorale de la Méditerranée française, l’infralittoral, les baies et criques abritées à l’Est du Rhône étaient jadis pourvues de récifs-barrières, par exemple le Lacydon, l’actuel ‘’Vieux Port’’ de Marseille, les baies de la Seyne et du Lazaret au Nord de la Presqu’île de Saint-Mandrier, le site de la Madrague au Nord de la Presqu’île de Giens, la plage située entre les Salins d’Hyères et le port de la Londe-les-Maures.

    Mais depuis l’arrivée des Phocéens, puis des Romains, il y a 2 500 ans, ces récifs ont été victimes de la construction de ports. Seule la chance a épargné certains jusqu’à nos jours. Il n’en subsiste aujourd’hui, que trois : dans la baie Sainte Cécile du Brusc , à Port-Cros dans le Var et en Corse à Saint Florent. Mais celui du Brusc est en danger de mort, le projet d’extension portuaire s’il se réalise, l’exterminera comme tous les aménagements portuaires l’ont été pour tous les récifs barrières de Méditerranée française qui ont tous disparu. Nos décideurs sont des criminels, ils décident à l’encontre de toutes les lois, la justice n’est pas appliquée.

    Les Posidonies sont considérées comme des reliques anciennes d’une flore dont l’aire d’extension biogéographique a dû être beaucoup plus étendue, descendantes d’ancêtres terrestres qui se sont adaptés à la mer. A l’heure actuelle, pour ce qui concerne le bassin nord occidental de la mer Méditerranée, cette Phanérogame ne fleurit qu’exceptionnellement lors d’années particulièrement chaudes. Il semble que l’éventail des vents froids venus du nord par la vallée du Rhône exerce une influence climatique défavorable à cette plante dont la floraison est fréquente dans les régions plus chaudes, telles que les côtes méditerranéennes de l’Afrique et le long des côtes de Provence, les dernières grandes floraisons qui aient été signalées remontent à 1911, 1937, 1961, 1980, 2003, au terme d’étés particulièrement chauds.

  • Le cycle de la posidonie :

    Les posidonies se reproduisent comme toutes les plantes à fleurs par des graines. Les boutons apparaissent en Septembre, les fleurs s’épanouissent en Octobre et Novembre. Elles sont groupées par inflorescences qui portent plusieurs pistils et étamines. Le pollen ressemble à un cheveu. Il est disséminé par les courants et va s’accrocher au pistil dont le stigmate est muni d’échancrures qui permettent de mieux piéger le pollen. Les fruits se forment pendant tout l’hiver. Au mois de Mai et de Juin, ils se détachent de la plante. Ils ont la taille, la forme et la couleur d’une olive verte. Ils vont flotter entre dix et quinze jours. Ceci permet à ces fruits d’être emportés par les courants sur de longues distances. A l’occasion de promenades sur le bord des plages on peut trouver ces fruits échoués. Le fruit, pendant sa flottaison, finit par pourrir et laisser échapper l’unique graine qui coule et germe immédiatement si la profondeur et les caractéristiques des fonds sont favorables à son développement. Mais tout ceci est exceptionnel. Certaines années on ne trouve pas de fleurs, d’autres années si les fleurs sont fréquentes, la fructification est mauvaise. Il n’y pas de reproduction régulière, elle est singulièrement aléatoire, au gré des courants. C’est la raison pour laquelle il faut absolument préserver et restaurer les posidonies par tous les moyens.

    Si les plantes à fleurs sont peu nombreuses dans les mers et les océans (moins de soixante espèces différentes contre plus de vingt mille pour les algues) elles jouent un rôle considérable. Les posidonies constituent de véritables forêts sous-marines avec des densités atteignant les mille faisceaux de feuilles par mètres carrés et huit feuilles rubanées à nervures parallèles de quatre-vingts centimètres à plus d’un mètre par faisceau sur des rhizomes rampants garnis de racines. Ceux-ci s’allongent de 5 à 10 cm par an s’ils ne rencontrent aucun obstacle. Mais ces rhizomes peuvent aussi se dresser verticalement si les plants se gênent les uns les autres ou s’ils sont ensablés.

    Dédiés à Poséidon, Dieu grec de la mer, les posidonies fixent les fonds grâce au lacis imputrescible de leurs rhizomes et racines qui s’élèvent lentement d’un mètre par siècle. Ce lacis très dense est un piège très efficace pour les sédiments et les débris organiques ; colmaté par les sédiments, il constitue peu à peu un ensemble solide, une véritable terrasse sous-marine, à laquelle les pêcheurs méditerranéens donne le nom de « matte ». La végétation luxuriante de cette forêt de posidonies abrite une multitude d’organismes marins : algues et animaux invertébrés se fixent sur les rhizomes ou les feuilles. Les poissons et les oursins mangent les feuilles ou les organismes fixés sur celles-ci.

  • L’herbier de posidonies est menacé

    Depuis le début du siècle, et surtout depuis le début des années 50, les herbiers meurent lentement un peu partout en Méditerranée, jusqu’à disparaître totalement sur des surfaces considérables, laissant derrière eux de vastes étendues désolées qui font penser à nos déserts terrestres.

    Il n’est pas rare, en creusant dans les mattes, de trouver des rhizomes morts ayant cinq mille ans d’âge, c’est pour cela que le sol de notre proche littoral est ainsi bien fixé, particulièrement devant certaines de nos plages. Ces mattes protègent les plages de l’érosion, c’est la raison pour laquelle il faut absolument protéger les posidonies en supprimant toutes les causes multiples de régression : les ensevelissements des herbiers sous les aménagements littoraux (endiguements, ports, plages artificielles, ancres marines, piétinements, etc…..), la turbidité provoquée par les travaux d’endiguement, les rechargements de plages en graviers et sable, les passages d’engins au bord de l’eau mettant en suspension de fins sédiments qui étouffent les herbiers et gênent la photosynthèse, cet impact secondaire est souvent plus dévastateur que l’ensevelissement direct, en effet, les courants marins et rivières de retour emportent cette turbidité vers le large et de fait diminue fortement l’intensité lumineuse qui arrive sur les herbiers de posidonies se trouvant dans la limite inférieure au delà de laquelle l’herbier ne peut vivre en principe, cette limite inférieure constitue la partie la plus fragile de l’herbier.

    - Tous ces ouvrages, en modifiant le tracé des côtes, modifient brutalement la circulation habituelle des courants et l’équilibre sédimentaire nécessaire à l’herbier : les courants emportent le sable sur lequel est fixé un herbier, provoquant son écroulement, pour déposer ce sable plus loin, sur un autre herbier, qui est alors enseveli;
    - Les ancres et certains engins de pêche ont trop souvent tendance à se comporter comme des charrues, labourant et fragilisant l’herbier;
    -Et la pollution… Détergents, métaux lourds, hydrocarbures, etc.., ont eux aussi une lourde part de responsabilité.

    Très souvent les feuilles mortes des posidonies s’échouent sur les plages et s’entassent. Certaines configurations de la côte favorisent leur accumulation permanente. Ces tas de feuilles forment des banquettes imputrescibles qui protègent les plages de l’érosion.

    Malheureusement cet humus naturel marin est mal perçu par les touristes, ce qui conduit certaines municipalités à enlever inlassablement les feuilles de posidonies tout en engraissant la plage de sable qui rétrécit vite sans sa protection naturelle. Il faut observer les matelas de feuilles mortes de posidonies servir d’amortisseur contre les grandes houles, de l’automne au printemps, période des plus hautes eaux. Les Municipalités ont tout intérêt à informer le plus possible les touristes et leur expliquer sur des panneaux, mis à proximité des plages, les raisons de la présence des feuilles mortes de posidonies sur lesquelles les agents pathogènes n’aiment pas ‘’se faire bronzer’’, alors que sur le sable tous ces agents pathogènes prolifèrent.

    A la suite de ces ‘’érosions’’ provoquées par l’homme, les municipalités en arrivent à l’aberration de décider ‘’d’artificialiser’’ ces plages et de les engraisser à l’aide de graviers pour couvrir la plage naturelle de sable. Les herbiers de Posidonies constituent la base de la richesse des eaux littorales. Ce fait, trop longtemps ignoré du public et des élus, n’est pas encore pris en compte aujourd’hui de façon sérieuse.

    Il faut absolument que ces pratiques cessent, autrement notre littoral sera entièrement artificiel et les élus de ce littoral, n’attendant que cela, continueront alors, à pratiquer le bétonnage sur ces plages en prétendant qu’il faut les entretenir.

    La disparition progressive des herbiers de Posidonies est un phénomène aux conséquences très inquiétantes. La Posidonie ne meurt pas seule : elle entraîne avec elle toutes les espèces animales et végétales qui lui sont liées, de la même manière qu’une forêt qui brûle. Au delà, c’est l’équilibre de tout l’écosystème marin qui est mis en péril, à la différence de la forêt cet écosystème met dix fois plus de temps à se reconstituer et quelques fois disparaît.

    Les conséquences ne sont pas seulement écologiques, elles sont aussi économiques. En région Provence-Alpes- Côte d’Azur, la qualité du milieu marin tient une place essentielle. Elle concerne directement la pêche (poissons, oursins), le tourisme balnéaire, la plongée sous-marine, et la navigation de plaisance. Elle concerne également toutes les activités associées à la mer : l’industrie et le commerce liés à la plongée, aux produits de la mer, etc…

    Que personne ne s’y trompe : si la qualité des eaux se dégrade, si la féerie de couleurs des paysages sous-marins se change en guenilles envasées, si les mérous abandonnent nos fonds, si toute la faune sous-marine va vers d’autres eaux, des millions de touristes déserteront notre région pour d’autres cieux. Hélas, certains commencent d’ailleurs à le faire.

    Le tourisme de masse n’est plus l’apanage des vacanciers, c’est l’écotourisme qui commence à prévaloir. L’urbanisation de notre frange littorale fait fuir les touristes. ‘’ Les 200 pas du Roi de la frange littorale doivent être restaurés, re-paysagés et remis en application’’.

L'APLBS (Association pour la Protection des sites et du Littoral du Brusc et de la presqu'île du cap Sicié) oeuvre pour la protection de l'environnement et tout particulièrement le respect de la loi littoral sur les communes de Six-Fours et de La Seyne. Elle a déjà de nombreux combats à son actif entre autre pour la protection de la lagune du Brusc, de la plage de Bonnegrâce et du site de la Coudoulière.